Gustave Miklos et ses records de prix en ventes publiques

Depuis février 2009, date de la vente Yves Saint-Laurent, Gustave Miklos (1888-1967) suscite l’intérêt constant des enchérisseurs, validant ainsi son statut d’artiste recherché. Des adjudications records saluent ses pièces à la provenance prestigieuse. Le marché de l’art confirme ainsi sa solide confiance dans la valeur, tant esthétique que financière, de ses sculptures, ses peintures, ses dessins et ses objets d’art décoratif.

Les sculptures de Gustave Miklos et leurs records mondiaux

La dernière décennie a vu trois sculptures de Gustave Miklos atteindre des records d’enchères.

Avec 847.500 € (frais compris) en juin 2017, le record mondial a été atteint par le groupe des Deux bêtes affrontées, en raison de son pedigree exceptionnel mais aussi de sa rareté sur le marché. Acquise directement auprès de l’artiste par le célèbre collectionneur Jacques Doucet, ce groupe de Gustave Miklos en bronze doré orné d’émaux était exposé dans son studio de la rue Saint-James à Neuilly-sur-Seine.

Chien en bronze par Gustave Miklos. D'une paire. Ayant appartenu au collectionneur et couturier Jacques Doucet
Gustave Miklos. Bête affrontée (d’un groupe). Bronze doré relevé d’émaux pour Jacques Doucet.
1925. Photographie d’époque. Archives Miklos © Salaün
Tête de femme en bronze par Gustave Miklos
Gustave Miklos. Tête de femme. Bronze. 1928.
Photographie d’époque. Archives Miklos © Salaün

En mars 2014 à Paris, l’adjudication de 811.500 € (frais compris) saluait une Tête de Femme en bronze. Cette œuvre à la superbe patine avait appartenu à Jacques André, collectionneur et mécène de Gustave Miklos.

Tête de femme à l'écran en bronze par Gustave Miklos
Gustave Miklos. Tête à l’écran. Bronze. Vers 1936.
Photographie d’époque. Archives Miklos © Salaün

Un an auparavant, en mai 2013, la sculpture de Tête à l’Écran, pièce unique en bronze décrochait une enchère de 625.500 € (frais compris). Celle-ci avait été acquise par le fondeur Alexis Rudier en guise de paiement.

Les collectionneurs recherchent principalement la rareté ainsi qu’une provenance remarquable et indiscutable du point de vue traçabilité. Ces deux variables constituent une valeur sûre et l’assurance d’un placement financier sans effet de dépréciation. Toutes les œuvres de Gustave Miklos réunissent ces deux qualités. La rareté est une caractéristique de ses bronzes : l’artiste n’ayant pas suffisamment de finances pour produire plus d’un exemplaire de chacun de ses plâtres, chaque pièce fondue à un seul exemplaire de son vivant est unique. Le sculpteur supervisait de près la qualité de la ciselure et exécutait lui-même la patine. 

Les objets d’art décoratif de Gustave Miklos et leurs records mondiaux

L’aspect déterminant d’une belle provenance est validé par les trois meilleures enchères à ce jour pour des pièces d’art décoratif qui ont toutes appartenu à Jacques Doucet.

Paire de tabourets dont les poignées et les sabots en laque rouge ont été exécutés par Gustave Miklos. Ancienne collection Jacques Doucet. Ancienne collection Yves Saint-Laurent
Paire de banquettes dont les poignées et les sabots en laque rouge ont été exécutés
par Gustave Miklos pour Jacques Doucet. Vers 1928.

Catalogue de la vente Doucet du 8 novembre 1972 . Archives Alexandra Jaffré © D.R.

Ainsi, le premier record mondial avec 1.745.000 € (frais compris) a consacré une paire de banquettes commandée par le couturier-collectionneur. Si le dessin général peut être attribué à la relieuse Rose Adler, Gustave Miklos avait été chargé de concevoir celui des poignées et des sabots, exécutés en bronze laqués rouge. Lors de la vente Doucet de 1972, Yves Saint-Laurent l’avait acquise comme œuvre anonyme. Vendue en février 2009, elle a atteint le record mondial pour l’artiste toutes disciplines artistiques confondues. La provenance Saint-Laurent — plus que celle de Jacques Doucet — alliée à l’engouement pour la vente du siècle avait contribué à établir ce record mondial pour Gustave Miklos.

Lampe améthyste par Gustave Miklos. Ayant appartenu au collectionneur et couturier Jacques Doucet
Gustave Miklos. Lampe améthyste pour Jacques Doucet. Photographie d’époque (il s’agit ici du plâtre) Archives Miklos © Salaün

La seconde meilleure enchère est détenue par une sculpture lumineuse en bronze et améthyste adjugée pour 445.000 € (frais compris) en novembre 2015 à Paris. Jamais vue sur le marché, cette étonnante pièce d’art décoratif se trouvait dans l’appartement de Jacques Doucet, au 46 avenue du Bois, où elle ornait la cheminée du salon.

Enfin en décembre 2020 à New York, une délicate coupe en agate bleue, émaux et bronze argenté était adjugée à 212.467 € (frais compris). Elle avait connu sa première enchère en juin 2004 à 50.000 € (hors frais) à Drouot, puis était passée entre les mains d’un collectionneur américain d’Art. On distinguait ce très bel objet sur un guéridon de Pierre Legrain dans l’article de 1925 célébrant « Un temple de l’art moderne », l’appartement de l’avenue du Bois de Jacques Doucet.

Coupe en agate bleue ornée d'émaux par Gustave Miklos. Ayant appartenu au collectionneur et couturier Jacques Doucet
Gustave Miklos. Coupe en agate et émaux pour Jacques Doucet. 1921. Photographie d’époque. Archives Miklos © Salaün

Pour ces trois pièces d’art décoratif, la provenance a contribué à des adjudications exceptionnelles, le goût du collectionneur Jacques Doucet étant la référence absolue de l’Art Déco.

Peintures et dessins de Gustave Miklos et leurs meilleurs records

Terminons avec les œuvres peintes et dessinées. Avant de rencontrer François-Louis Schmied (1873-1941) — et de produire des dessins sur lesquelles l’éditeur apposera son nom entre 1922 et 1941—, Gustave Miklos peignait selon un style cubiste. 

Adjugée à Paris pour 181.500 € (frais compris) en mars 2014, la peinture Figure et Chien, datée de 1921, avait atteint le record dans cette catégorie. Exposée au Salon des Indépendants de 1922, elle était restée alors dans la collection de l’artiste puis de sa veuve Marie-Louise Miklos.

Enfin, pour le record pour un dessin est détenu par une Composition cubiste gouachée sur papier de 1921 vendue 55.000 € (frais compris) en mars 2011.

Le marché des sculptures est particulièrement solide depuis 2009. Les collectionneurs soutiennent les enchères sur un choix pertinent de pièces uniques (les fontes post-mortem sans grande qualité d’exécution ou de patine n’éveillent pas l’intérêt de cette catégorie de clients). Ils matérialisent leur confiance en l’artiste et valident le placement financier que constitue l’acquisition d’une œuvre de Gustave Miklos. La traçabilité constitue une qualité indispensable pour ces acheteurs et permettre d’atteindre ces prix records. 

Les peintures signées Gustave Miklos vues en ventes publiques sont encore trop peu nombreuses pour déterminer une véritable tendance en termes de prix. Il faut attendre que ce type d’œuvres quitte les anciennes collections ou les greniers.

Le rôle du Comité Gustave Miklos dans la valorisation des œuvres

Lorsque le Comité Miklos est sollicité par les acteurs des ventes aux enchères, il joue ici son rôle de garant du marché et renforce le socle de confiance des enchérisseurs. Particuliers et professionnels sont vivement encouragés à le contacter pour obtenir des certificats d’expertise et des avis pour l’inclusion au catalogue raisonné en cours de préparation qui valoriseront les œuvres de Gustave Miklos entre leurs mains.

Auteur : Alexandra Jaffré, historienne de l’art, expert Art Déco membre de la Fnepsa et secrétaire du Comité Gustave Miklos